Quel est le profil type du fumeur à l'écran?

Le tabac à l’écran

Faits et statistiques

Lorsqu’on regarde un film ou une série, on ne remarque pas toujours les idées véhiculées par certaines images mémorables, éblouissantes ou émouvantes ou l’influence qu’elles peuvent avoir sur nous. Dans plusieurs productions, le tabac est un accessoire utilisé pour caractériser un type de personnage ou une époque… même lorsque ce n’est pas réaliste ou nécessaire.

Le fréquent recours à ces images (que plusieurs qualifieraient de clichés) a des conséquences que l’on ne soupçonne pas : les aventures présentées à l’écran, les vies trépidantes, les destins hors du commun suscitent l’envie ou l’inspiration. Les adolescents, qui sont à une étape de leur vie caractérisée par la recherche d’identité, sont particulièrement vulnérables.

 

  1. Environ trois quarts des films qui connaissent un succès commercial contiennent des scènes de consommation de tabac.
  2. Le nombre de personnages qui fument à l’écran a doublé depuis 20 ans, alors que, durant cette même période, le taux de tabagisme a chuté partout en Amérique du Nord.
  3. En 2008, deux tiers des films destinés aux jeunes (G, PG et PG13) comportaient des scènes où les personnages fumaient.
  4. Dans 60 % des films qui contiennent du tabac, au moins un des personnages principaux fume.
  5. Au cinéma et à la télévision, les individus riches et attrayants sont trois fois plus nombreux à fumer que dans la réalité.
  6. Dans les films, les conséquences négatives du tabagisme sur la santé et la vie sociale sont rarement montrées, malgré le fait que, dans la réalité, un fumeur sur deux meure de sa consommation de tabac.
  7. Les jeunes régulièrement exposés à des scènes de consommation de tabac à l’écran voient tripler leur risque de commencer à fumer et surestiment le pourcentage de fumeurs réels.
  8. Les jeunes non-fumeurs dont les acteurs préférés fument souvent à l’écran ont 16 fois plus de risque d’avoir une attitude positive face à l’usage du tabac.
  9. Les jeunes de moins de 18 ans sont les plus aptes à se rappeler de scènes où l’on voit du tabac à l’écran.
  10. Montrer des scènes avec des personnages fumeurs est plus «vendeur» que la publicité traditionnelle pour les compagnies de tabac.
  11. Les ventes liées aux scènes de consommation de tabac à l’écran entraînent des revenus additionnels de 4,1 milliards de dollars US par année pour les compagnies de tabac.
  12.  En 2007, un sondage révélait que près des trois quarts des Québécois (72,5 %) croient qu’il est nécessaire d’agir pour contrer le phénomène des acteurs fumant à l’écran.


1  Le placement de produits liés au tabac serait plus efficace auprès des jeunes que la publicité traditionnelle (Glantz, S.A. (2003). Smoking in movies: a major problem and a real solution, The Lancet).  De plus, les jeunes qui voient fréquemment des scènes de consommation de tabac à l’écran courent jusqu’à trois fois plus de risques de commencer à fumer (Dalton, M.A., Sargent, J.D., Beach, M.L., Titus-Ernstoff, L., Gibson, J.J., Ahrens, M.B., Tickle, J.J. & Heatherton, T.F. (2003) Effect of viewing smoking in movies on adolescent smoking initiation: a cohort study, The Lancet)