Quel est le profil type du fumeur à l'écran?

Pourquoi dénoncer la fumée de tabac à l’écran?

Faits et statistiques

D’abord, parce qu’on fume plus à l’écran que dans la réalité, et que les jeunes sont les premiers à se souvenir des images de tabac à l’écran1 .

Les jeunes sont aussi ceux qui courent le plus de risques d’adopter une conception irréaliste du tabagisme. Dans les faits, la représentation des fumeurs à l’écran, et la fréquence avec laquelle ils fument, ne correspond pas à la réalité2. De plus, les conséquences négatives du tabagisme sur la santé et la vie sociale sont rarement montrées à l’écran3. Bien au contraire, le cinéma et la télévision nous présentent une image attrayante, populaire, séduisante et même rebelle des fumeurs, ce qui renforce le caractère « socialement acceptable » de la cigarette dans l’esprit des adolescents.

Finalement, il importe de dénoncer la présence du tabac à l’écran parce que le tabagisme demeure la principale cause de décès évitables au Québec, et que 77% des fumeurs commencent à fumer à l’adolescence4. Sans recourir à la censure, limiter l’usage complaisant du tabac à l’écran peut sauver des vies.

Le présent site entend dénoncer les distorsions qui existent entre l’image du tabac à l’écran et ses effets réels. Pourquoi montrer des images séduisantes du tabac quand on sait qu’il cause le vieillissement prématuré de la peau et de graves maladies? Pourquoi associer le tabac avec la rébellion alors qu’il crée au contraire la dépendance? Pourquoi nous faire croire que « tout le monde fume » dans certains cas, alors qu’au Québec quatre personnes sur cinq sont des non-fumeurs? Ces images profitent aux compagnies de tabac mais nuisent au public.  Ça suffit, la réalité « filtrée »!

 


1 Une étude produite pour Brown & Williamson tobacco company confirme que les jeunes sont ceux qui remarquent le plus les scènes de consommation de tabac à l’écran et qu’ils sont capables de se souvenir avec plus de précision de la marque publicisée que tous les autres individus des autres groupes d’âge (Recall and recognition of commercial products in motion pictures, for Brown & Williamson tobacco company by Associated film promotion, 1981).
2 Le fumeur à l’écran a tendance à être un homme blanc riche et accompli (Russo Hazan, A., Levens Lipton, H. & Glantz, S.A. (1994). Popular films do not reflect current tobacco use, American Journal of Public Health). Les personnages principaux des films fument trois fois plus qu’ils ne le feraient en réalité (Glantz, S.A. (2006). Tobacco and the movie industry, University of California Postprints).
3 Pensez à la dernière fois que vous avez vu un fumeur à l’écran tousser, affronter un cancer du poumon, ou simplement se retirer d’une discussion pour aller fumer dehors au froid. En fait, même s’il y a beaucoup de fumeurs sur nos écrans, les conséquences réelles du tabagisme sont rarement montrées (Charlesworth, A. & Glantz, S.A. (2005). Smoking in the Movies Increases Adolescent Smoking: A Review, Pediatrics).
4 Statistiques Canada. (2002). Enquête de surveillance de l’usage du tabac au Canada.