Quel est le profil type du fumeur à l'écran?

Prix Oxygène et Cendrier 2012

En vedettes, Prix Oxygène et Cendrier

C’est au film Starbuck que le jury a décerné le prix Oxygène 2012.  Cette production du réalisateur Ken Scott ne présente aucune scène de tabagisme, bien qu’il aurait été facile dans nombre de situations, de personnages et de contextes, de mettre une cigarette à la bouche des acteurs.  Bravo aux coscénaristes Ken Scott et Martin Petit qui ont résisté à tous les clichés, évité les stéréotypes les plus marquants et contourné tous les pièges de consommation de tabac.  Premier au box office, littéralement couvert de prix, Starbuck prouve hors de tout doute qu’on peut réussir un immense succès commercial sans utiliser une seule fois l’accessoire de la cigarette.

 

Quant au prix Cendrier, il a été décerné cette année  au film Frisson des collines.  Pourquoi Frisson des collines ?  Parce qu’un enfant de 12 ans y est initié à la marijuana, en plus de côtoyer cigarettes et pot à une grande fréquence.  Or, dans la vraie vie, c’est précisément à 12 ans et 7 mois que la moyenne des jeunes s’initient à la cigarette.  Dans cette production de Richard Roy, le tabac est utilisé de façon encore plus irresponsable que dans toutes les autres productions en lice pour le prix Cendrier 2012.

 

 

 

Qu’est-ce que ça veut dire « exagéré » et « responsable »?

C’est exagéré :

Trophée CendrierAvez-vous déjà remarqué un personnage dans un film qui fume beaucoup même si cela n’ajoute rien au scénario? Ou encore, des scènes où la cigarette est utilisée comme un accessoire cool et glamour? Avez-vous vu des films où tous les personnages rebelles, riches ou séduisants fument? Ou encore des scènes dans lesquelles un personnage à l’écran montre une excellente forme physique même s’il a toujours une cigarette à la bouche ?

Ces images présentent un portrait irréel du tabagisme.

 

C’est responsable :

Trophée OxygèneAvez-vous vu récemment un film qui ne donnait pas la vedette à ces vieux clichés? Une production où les gangsters, les héros et les femmes attirantes ne fument pas? Et, pourquoi pas, un film ou une émission dramatique où on constate les effets réels du tabagisme sur la santé? Les acteurs, réalisateurs et producteurs font alors preuve d’une certaine responsabilité en ce qui concerne l’usage du tabac à l’écran.

Responsabilité envers qui? Le public en général, bien sûr, en ne faisant pas l’apologie d’un produit dangereux qui crée une forte dépendance. Mais surtout envers les jeunes, qui sont les spectateurs les plus influencés par les images qu’ils voient à l’écran. Il est maintenant reconnu que les jeunes fréquemment exposés à des scènes de tabac à l’écran surestiment le pourcentage de fumeurs réels1 et voient tripler leur risque de commencer à fumer 2.

En 2012, au Québec, 22 %3 des jeunes du secondaire fument. D’autre part, de récentes études démontrent que 44% des cas d’initiation au tabac chez les Canadiens âgés entre 15 et 19 ans sont attribuables aux films qui montrent des produits du tabac, selon l’étude Tobacco Vector4.

 


1 Dixon, H.G., Hill, D.J., Borland, R. & Paxton, S.J. (2001). Public reaction to the portrayal of the tobacco industry in the film The Insider, Tobacco Control.
2 Dalton, M.A., Sargent, J.D., Beach, M.L., Titus-Ernstoff, L., Gibson, J.J., Ahrens, M.B., Tickle, J.J. & Heatherton, T.F. (2003) Effect of viewing smoking in movies on adolescent smoking initiation: a cohort study, The Lancet.
3 Statistiques Canada. (2009). Enquête de surveillance de l’usage du tabac au Canada.
4 Polansky, J. (2010). Tobacco Vector, réalisé pour l’organisme Physicians for a Smoke Free Canada.